Résumé Guildes 71 – A l’Ombre des Fantômes (5/7)

Citadelle Nen’Etsa, le dixième jour de la Seconde Ardence de l’an deux cent neuf.

A mesure que nous racontons notre récit à la bande d’Huan, nous remarquons que certains ont des étoiles dans les yeux face à nos aventures qui leur apparaissent exceptionnelles. Il faut dire que la vie d’un Guildien doit être très éloignée des leurs, prisonniers d’un Clan paranoïaque et quasi-autarcique. Ils disposent d’un bon réseau d’information, même s’il est quelque peu lent et que presque personne ne les aidera franchement, comme Huan nous l’explique. Il est aisé de retarder une patrouille ou d’obtenir un double d’une clef mais impossible de demander une trahison franche vis-à-vis de Hren Nen’Etsa et du Clan. Il nous est offert de nous reposer pour que les blessés récupèrent. Pendant ce temps, les premiers rapports tombent. Massimo Stozzi a été enfermé dans la prison de la ville et tenu au secret. Entre les lignes, il en ressort que les espions ne savent pas exactement ce qu’il en est. Le pauvre est sans doute torturé pour révéler des secrets fantasmés par un vieux fou qui n’a jamais vu plus loin que l’horizon. Impossible de le laisser croupir en prison ! Dès à présent, Hes’An’Hi va contacter les bonnes personnes pour mettre en place une évasion facilitée.

Autre nouvelle qui fait froid dans le dos, le Comptoir de la Guilde du Rubisque a été fermé suite à l’attaque des gardes dont nous avons souffert. Pire, Jared a été décapité en place publique. Le devenir de Drirw est plus délicat et il nous arrive tardivement aux oreilles qu’il a été relâché et expulsé de la ville. Peut-être en lien avec ses accointances parmi les Moines-Philosophes ou alors contre des informations. Le tout s’est effectué dans la discrétion la plus totale et nul ne sait où se trouve à présent l’Ashragor. Ceci dit, si nous mettons la main sur le ballon de Stozzi, il devrait être aisé de le repérer depuis le ciel.

Les esclaves, quant à eux, ont commencé à quitter le Monastère quasiment le jour de leur arrivée, par petits groupes. Ils sont accompagnés de nouveaux venus, les Hommes-Voilés, des hommes en noir dont le visage est revêtu d’un voile sombre qui masque jusque leurs yeux qui parlent un Wish approximatif. Et fait très étrange, ils pénètrent au sein du Monastère appuyés sur des bâtons de marche sans être inquiétés par les gardes. Depuis quatre jours, c’est entre quarante et nonante esclaves qui sont acheminés, la plupart vers le Sud mais quelque fois vers l’Est et l’Ouest. A demi-mot, il est avoué que les gardes craignent les Hommes-Voilés qui viennent prendre réception des prisonniers. Il semble n’y avoir que peu de gardes qui acheminent les esclaves. L’idée d’attaquer un convoi se fraie un chemin dans nos esprits. Même si nous ne pouvons pas sauver tout le monde, il est hors de question de les abandonner aussi facilement. Huan annonce que ceux que nous libérerons trouverons une place, pour un petit temps, dans diverses fermes, auprès de sympathisants. Les pièces se mettant en place petit à petit, le groupe se décide à se glisser hors de la ville, déguisés en Dynastique. Dehors, nous récupérons nos armes que nous avions dissimulées avant d’entrer en ville. Huan veut assister à cette aventure, Ji Li n’aspire qu’à le suivre, Po’Ot’Ki suit pour s’occuper des blessés et Ok’Ot’Ir se méfie trop de nous pour ne pas nous accompagner. Nous serons donc sept contre cinq Hommes-Voilés, pourvu qu’ils ne sachent pas se battre, sinon, nous courrons au massacre. Si seulement Shamya et Djamil étaient là, ils ne feraient qu’une bouchée de ce problème. Et bien que Kereb se révèle être un combattant doué, je ne suis pas rassuré.

Notre attente n’est pas longue et en fin d’après-midi une colonne quitte le Monastère. Vingt prisonniers et cinq gardes qui empruntent la route du Sud vers le Monastère Kang’Tsé. En début de soirée, Huan Or’Gul nous souffle discrètement que la frontière du Clan Nen’Etsa va être franchie et que lui et ses amis ne sont pas prêts à aller au-delà. Un court rappel de la raison de cette expédition ravive leur envie d’aventure et de bonnes actions, au moins jusqu’à la tombée de la nuit.

Une heure plus tard, le groupe que nous suivons oblique légèrement vers l’Ouest, dans un paysage de vallées encaissées et de rizières abandonnées. Tout est en jachère à perte de vue même si les Feux-du-Ciel sont déjà bien bas, ne permettant pas de percevoir au loin. Le groupe d’esclaves s’arrête à côté d’une rivière pour docilement se poser au sol. Curieusement, les Hommes-Voilés ne prennent aucune précaution, ils montent leur tente sans même faire le tour des prisonniers. Un feu est rapidement allumé et deux gardes s’asseyent en faction tandis que les trois autres occupent la petite tente.

Nous nous déplaçons sur un petit monticule de terre nous offrant une position parfaite pour cribler de flèches nos ennemis. Une fois l’obscurité bien installée, offrant un couvert supplémentaire, l’assaut est lancé. Il est de courte durée et met fin à mes craintes, Kereb et Alwyn transformant les Hommes-Voilés en porc-épique. Ces derniers hurlent d’ailleurs dans un dialecte anormal faisant songer à des sons animaux. Les dynastes sont mitigés devant cette tactique. Huan et Li y voyant une action déshonorable tandis que Ok et Po y voient pour l’un l’efficacité pour l’autre la sauvegarde des esclaves. Je tente de leur expliquer la nécessité, pour nous, de ne pas nous exposer à un danger inutile. Nous devons encore libérer cinq cent quatre-vingt esclaves, mourir bêtement pour une question d’honneur revient à les condamner. Mais mon discours se révèle inutile lorsque le visage du dernier Homme-Voilé est révélé. L’unique rescapé est attaché tandis que Kereb cherche la clef des cadenas emprisonnant les Guildiens. Sous le voile se dissimule un Transient. Sa peau humide, caoutchouteuse et translucide laisse apparaitre des veines. Kereb compare sa peau à celle d’une salamandre. Des griffes terminent les trois doigts palmés qui leur servent de mains. Ses yeux rouges sans pupille sont, pour le moment, la seule partie du visage visible. Soudainement, avoir utilisé une tactique de lâche n’est plus si important, comme si ces créatures ne méritaient pas d’honneur. Seul Huan paraît subjugué, c’est sans doute la première fois qu’il rencontre un Transient. Les prisonniers sont libérés pendant que l’interrogatoire débute. Ils affichent tous un air hébété et craintif et ne perçoivent pas vraiment ce qui est en train de se passer. Cependant, je ne peux m’empêcher de noter que le groupe est entièrement constitué de Guildiens. Aucun des Autochtones aperçus auparavant n’est présent. Serait-il possible qu’un sort différent soit réservé aux esclaves selon leurs origines ? Les cadenas, en revanche, sont d’une qualité supérieure à celle des mécanismes Venn’dys. Par quel miracle ? Je ne sais pas mais heureusement aucun Docte n’est présent pour s’indigner. Par contre, les vingt cadenas finissent dans mon sac, ils seront étudiés en temps voulu.

Après avoir identifié que la créature ne baragouine que le Wish, Alwyn utilise un Tour d’Art Onirique sur le Transient qui accepte donc la discussion. Son mode de pensée est tellement différent du nôtre qu’il est parfois difficile de le comprendre. Il dit que les esclaves sont envoyés à divers endroits du territoire car ils sont l’ingrédient nécessaire à l’invocation d’un Dieu. Alwyn a du mal à traduire le nom de la divinité, Le Sombre, La Noirceur ou L’Ombre. Evoquer Horwl-Le-Ronge ne provoque aucune réaction. Le Transient pointe une montagne qu’il désigne comme le lieu où il devait apporter les Guildiens. Harrrwllwll, prétend venir du Sud et obéit à la Reine-Sorcière, la seule femelle de leur peuple, qui travaille pour la gloire de leur dieu. En le touchant, je lance mon Tour pour apercevoir le faciès de cette fameuse Reine-Sorcière. Et dans les brumes de l’esprit se dessine un faciès similaire au Transient à mes pieds. Sauf que cette fois, la totalité du visage est visible, laissant apparaître une courte trompe peuplée de dents pendouillant sur l’improbable amas de chair. En la découvrant, une sorte d’apathie m’envahi, une angoisse sans nom sourde en moi, détruisant toute velléité belliqueuse vis-à-vis de ces Transients. J’en fais part aux autres, leur demandant de ne surtout pas enlever plus du voile couvrant le visage d’ Harrrwllwll qui laisse échapper un gloussement, moqueur, rauque.

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