Résumé Guildes 67 – A l’Ombre des Fantômes (1/7)

Rask, le seizième jour de la prime Ardence de l’an deux cent neuf.

Nous assistons au transport du butin vers l’île aux masures délabrées. Il est clair que le tout devient hors d’atteinte pour le moment aussi nous reportons notre attention sur la ville. Celle-ci donne une vive impression de posséder des quartiers très disparates. En arrêtant un passant il nous apprend que l’île désignée est réservée à la Scabarre, donnant corps au mythe. L’homme se propose aussi de nous mettre en relation avec l’une ou l’autre Famille qui dirigent la ville mais nous déclinons. Par contre, il évoque que la Scabarre revend tous les objets au sein du quartier nommé le Coffre, nous redonnant un maigre espoir de revoir nos possessions. En échange d’une fourchette en argent, l’homme accepte de nous servir de Guide.

La ville ayant poussée autour d’une crique, elle prend donc la forme d’un croissant. En commençant à explorer la plus large partie du croissant, nous longeons un quartier dédié à de larges entrepôts. Ce dernier dispose d’un second petit port où les artisans s’occupent à tisser et coudre des voiles dans les quelques entrepôts ouverts. A la limite du quartier se trouve un bâtiment à colonnades de trois étages au style très élégant. Il s’agit de la Gouvernance, le plus grand salon de jeu de la ville. Là, des butins de plusieurs années se gagnent et se perdent au cours de chaque partie et où seuls les plus grands Capitaines et les chefs de Familles se rencontrent. Après, s’étend le quartier de la Suie, un lieu noirâtre empli d’une fumée âcre et épaisse est crachées par de multiples cheminées en continu. Les habitants portent des tissus devant le visage pour protéger leurs poumons de la suie des forges. Les mousquets et les tromblons y sont légions et me font penser que le trafic que nous avions découvert lors de l’Académie devait être acheminé ici.

Vient ensuite le quartier du Coffre, un des rares à ne pas être construits sur des pilotis, fermés durant la journée, il n’ouvre qu’à la nuit tombée pour écouler tout ce qui est étrange ou rare. Finalement, nous arrivons à la Négociature, un quartier légèrement surélevé pour avoir une vue d’ensemble du reste de la Cité. Ca ressemble à une zone marchande normale excepté que l’illégalité ne fait pas partie de leur vocabulaire et que la diversité des marchandises pourrait donner le tournis à n’importe quel Guildien. Notre Guide nous met en garde contre le quartier attenant dit des Tires-Laines qui est un labyrinthe de ruelles obscures qui servent de terrain d’entraînement aux criminels souhaitant rejoindre une Famille. Il nous éclaire aussi sur les bandes, les clans et les Patriarches des Familles qui se divisent la ville. Après quoi, il murmure quelques mots sur les Héritiers, groupe né de la sécession d’une Famille ou les Orphelins, qui ne font en général pas de vieux os. Selon lui, le Conseil des Familles se réunit sur une île et porte le nom de Kraak aussi appelé la Cariapode. Cette révélation est un véritable choc pour nous. La Cariapode serait vieille de cent cinquante ans et serait représentée par une pieuvre à trois bras pour les peuples Wish, Lore et Urbis de la Contrée de Gillian. Une autre légende, sans fondement autre que les délires alcoolisés d’un joueur d’Escalade que notre Guide fréquente fait état de trois Fondateurs mystérieux. Toujours selon notre homme, environ dix pourcent des Guilders dépensés dans Gillian finiraient dans les bourses de la Cariapode. Un constat qui fait froid dans le dos. Nous écoulons auprès d’un représentant des Familles le maigre butin récolté sur le Caravillon d’Esshevir, de quoi nous renflouer quelque peu.

La visite se poursuit avec le quartier des Cales, un petit quartier dédié à la construction navale et à l’entretien des navires. Ici aussi se trouve un port portant leur nombre dans cette ville à trois, du jamais vu ! Devant les portes de la ville se trouve une vaste étendue d’herbe où poussent des tentes. Là, s’entassent les couches les plus pauvres de Rask, offrant des services divers mais de qualité médiocre. Le Guide passe rapidement sur les trois derniers quartiers de ce bout de la ville. D’abord, le Village, abritant les pêcheurs  et un des deux phares de la ville. Ensuite, la Sanie, le quartier des abandonnés, malformés, enfants pauvres, traitres aux Familles, une vision vivante de l’enfer. Et finalement, le quartier des Laborieux, centre de l’artisanat usuel.

En retournant sur nos pas nous découvrons l’autre extrémité de la ville en forme de croissant. Vient d’abord le quartier Rouge comportant des portes peintes dans ladite couleur et qui est réservé aux plaisirs de la chair. Il s’y trouverait également un cabinet des curiosités Ashragors dédié aux déviances sexuelles les plus obscènes et les plus terrifiantes. J’ai du mal à savoir si ma curiosité l’emporte sur mon dégoût mais je pense m’abstenir de le visiter. C’est là le quartier préféré des membres de la Scabarre lorsqu’ils sont de passage à Rask selon notre Guide. Il nous apprend également que le petit port jouxtant ce quartier et où nous avions débarqué est réservé à la Scabarre.

Le quartier Orient s’inspire de l’architecture des Dynasties Fantômes où chaque pièce est un palais en soit s’organisant autour d’un patio. C’est un lieu des plus calmes où les dix capitaines de la Scabarre ont leurs quartiers. Là, ils organisent des actions secrètent qui vont ensuite gangrener toute la contrée de Gillian. C’est aussi le lieu le plus luxueux de la ville où habitent les notables de la ville ainsi que les riches voyageurs.

A côté se trouve le quartier des Brumes, contenant des fumeries, des commerces de drogues et autres joyeusetés sans doute illégales partout ailleurs. Nous passons également rapidement sur le quartier des Oracles où se rassemblent magiciens, oracles, jeteurs de malédictions et autres augures aux talents certifiés. Vient finalement le quartier des Casrnes où tous les bâtiments, en briques, sont des entrepôts lourdement gardés ou des entrepôts. Quelques arènes agrémentent les lieux. Chaque bâtisse arbore les couleurs d’une famille et en se renseignant, celui aux oriflammes vertes et blanches appartient à la famille Yarvalk. Celle-ci est une famille récente dominée par Yar Yarvalk qui s’est séparé de la Famille Varler qui rêve de les exterminer depuis.

Plutôt contents de la visite, nous prenons congé de notre Guide devant une auberge. Après avoir pris une chambre, nous nous positionnons sur les bords du quartier des Voiles pour épier les mouvements venant de l’île de la Scabarre. Au milieu de l’après-midi nous voyons des chaloupes venir vers le quartier des Voiles. En nous approchant, nous remarquons que des marins à l’air patibulaires déchargent des coffres et des caisses dans divers entrepôts. Sans doute qu’un tri s’est effectué en amont sur l’île. Calmement, le petit groupe de cinq personnes assiste à la danse des pirates entre chaloupes et bâtiment.

Une fois le quartier redevenu plus calme, je me faufile dans une ruelle pour grimper sur le toit à l’aide de caisses abandonnées. De là, je me glisse à l’intérieur du premier hangar par une fenêtre minuscule sur le toit. De là, je commence à chercher partout pour finir par trouver ma pierre de Rêve ainsi qu’un coffret contenant une trentaine de collier de Yielix. Incapable de reconnaître le mien à coup sûr, j’en embarque quatre qui serviront à la Guilde. Prendre plus risquerait d’éveiller des soupçons de la Scabarre. Autant picorer discrètement et revenir se servir plus tard. Je remonte par la fenêtre pour inspecter un second bâtiment. Par la fenêtre je repère qu’il ne contient que des boiseries et du mobilier luxueux. Aucun intérêt. Dans le troisième hangar je retrouve mon grimoire ainsi que le crâne enchanté d’Alwyn. Parmi les merveilles entassées, je profite pour embarquer un sextant, qui sera utile. Je regrette un peu de ne pas trouver une longue-vue Venn’dys qui nous a souvent fait défaut au cours de nos aventures.

Soudain, un bruit capte mon attention. Mon cœur s’arrête un instant lorsque je commence à distinguer des bruits de pas et des murmures. En me lovant dans les ombres, je parviens à apercevoir un petit groupe emmitouflé dans des vêtements noirs avec le visage barbouillé de charbon. L’un d’eux me remarque mais loin de donner l’alerte, il place simplement son doigt sur ses lèvres en signe de silence avant de poursuivre ses recherches. Clairement, leur attitude laisse penser qu’ils sont venus se saisir d’un objet bien particulier. Se pourrait-il qu’une famille vive en parasite sur le dos de la Scabarre ? Tout à coup, une certaine agitation les anime et ils se jettent sur les cordes venant du toit pour remonter. Sentant le danger également, je les imite et rejoint le toit au moment où des dockers pénètrent dans l’entrepôt. Il s’en est fallu de peu. Par contre, nulle trace de mes trois ombres voleuses. Ils ont littéralement disparus… étrange mais en même temps, passionnant, j’espère les revoir avant de quitter la ville.

En retrouvant le sol et mes amis, je distribue les colliers de Yielix et nous nous rendons au quartier des Laborieux pour y acheter de nouveaux habits, des armes et des armures de cuir. Maintenant, nous nous fondons un peu plus dans la masse civile de Rask. Un petit détour par le marché aux esclaves nous permet de prendre conscience de l’étendue du trafic Autochtone qui se joue ici. Drak, Lore et Wish s’entassent sur quelques mètres, prêts à être vendu au premier venu. Au sein de ce petit marché vomitif, nous entendons parler d’un autre Guildien en ville. Ou plutôt d’un ex-Guildien en la personne de Boak, un Ashragor tenant un commerce dans le quartier des Brumes.

Celui-ci nous accueille dans sa boutique affablement. C’est une sorte de grand cadavre de deux mètres animé par je ne sais quelle esprit maléfique qu’il dissimule sous une cape d’affabilité. Il nous avoue être venu s’installer ici pour ne plus être brimé dans son art. Tout en discutant, j’observe du coin de l’œil ses divers produits, ne les reconnaissant pas tous. Au cours de la discussion, il nous en dit plus sur le quartier des Casernes. Pour finir, je lui achète une grenouille rouge tachetée d’orange qui une fois léchée ou croquée sert d’euphorisant. Juste avant de partir, Boak me retient avant de partir et mets en garde contre notre façon de nous comporter et ce que nous portons au cou. Selon lui, la faune locale a du mal avec ce qui possède une morale.

J’ai l’impression que nous prenons doucement connaissance du fonctionnement de la ville. Aussi notre prochaine étape est un tripot dans le quartier des Casernes. Là, j’apprends à jouer à l’Escalade après avoir observé une table de jeu un moment. Je parviens à déjouer leurs tentatives de me plumer en abusant de ma méconnaissance du jeu et parviens à emporter quelques Guilders de plus qu’avant de me mettre à la table. A la fin de la partie, les joueurs m’apprennent qu’il existe deux variantes du jeu. La première fait intervenir de l’Ikill, un alcool décuplant les capacités intellectuelles mais chamboulant totalement les émotions du joueur. La seconde offre aux joueurs la possibilité de remplacer les mises par des parties de leur corps qui sont tranchées en cas de perte. Quels genres de psychopathes peuvent s’adonner à cette pratique ? Devant mon attitude choquée, un joueur justifie l’existence du jeu par un fort engouement du public. Décidemment Rask rassemble les pires aspects du Continent.

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